Les BOITEL de Herbelles

Ci-dessous, une autre lettre de rémission trouvée aux Archives Départementales du Nord

B1803 – 1616 – vue 53

L’humble supplication ; de Jehan BOISTEL, fils de Jehan, jeune homme à marier ; demeurant à Herbelles, bailliage de St-Omer, contenant que le dimanche 3ème jour de mai 1615, étant en compagnie de Pierre LOIR, Jean LE TOUR, Roland ALEXANDRE et Jacques SOUDAN, tous jeunes hommes à marier, au logis de Jehan DE LANNOY, hostelain, demeurant à Herbelles, où, après avoir bu, à savoir lesdits Pierre, Jean DE LE TOUR, Roland ALEXANDRE, à leur écot particulier, serait survenu ledit suppliant qui aurait fait tirer un demi pot de bière avec lequel il est entré dans la chambre où était les 4 jeune gens et s’assit seul au bout où, après avoir bu ledit pot de bière, il aurait fait tirer un deuxième, duquel il fit part à la compagnie et en voulait faire tirer davantage, ce que ladite compagnie refusa, disant qu’ils en avaient assez et partirent dudit cabaret sans qu’il y ait aucune noise ni difficulté entre eux, acceptant de venir en la cour dudit lieu,. Icelui Pierre LOIR aurait dit audit suppliant que ce n’était pas assez de donner un lot de bière, à quoi il avait répondu que si et plutôt deux qui lui coutèrent vingt sols, et, ces propos étant finis, les dits jeunes gens se retirèrent les uns devant et les autres après et ledit remontrant allant avec Roeland ALEXANDRE avait dit être marri d’être rebouté ou dénigré pour un lot de bière. Et, comme lesdits jeunes gens continuaient leur chemin sans autres propos d’aigreur ou querelle et qu’ils arrivaient près du cimetière dudit Herbelles, ledit Pierre LOIR, qui marchait devant, se serait retourné à grande vitesse, garni de son épée l’une contre l’autre, et, aurait agressé ledit suppliant qui se mit en défense, et ainsi donna trois ou quatre coups d’épée l’un contre l’autre. Et, aussitôt ledit Pierre LOIR, étant retiré par l’un de ses compagnons qui le tint par le bras, se serait laissé tombé par terre. Et, ses compagnons pensant qu’il était tombé par surprise de boisson, le relevèrent à force de bras et le trainèrent jusqu’à la cour de Martin ALEXANDRE, bailli dudit Herbelles, où ils le laissèrent croyant qu’il dormait en le couvrant d’un manteau contre la froidure de la nuit, sans que personne ne s’aperçoive que ledit Pierre était blessé jusqu’au lendemain où il fut trouvé mort, ayant un coup d’épée en la poitrine. Et, combien ledit remontrant … à la vérité de dire d’avoir donné le coup mortel et ne croit qu’aucun autre .. (n’aurait) tiré quelques coups d’épée contre ledit Pierre Loir, il serait retourné vers nous suppliant très humblement à ce qu’il nous plût lui remettre et pardonner tout ce qu’il pouvait avoir mépris (…)

(février 1616)

 

Deux des protagonistes figurent dans ma généalogie, à savoir

  1. Roland ALEXANDRE, qui était le fils de Martin, bailli,
  2. Jean BOITEL, fils de Jean et de Jenne DE MAMETZ

 

Jean, fils de Jean, était le frère de Marie BOITEL, femme de Wallerand GUILLEMIN, qui figure dans ma généalogie.

En vérifiant les données que j’avais sur les BOITEL de Herbelles, j’ai été amené à m’interroger sur la filiation de Jean BOITEL, qui épousa en 1598 Jenne DE MAMETZ. A partir d’un registre aux werps du chapitre de Saint-Omer, je considérais que Jenne était fille d’Anthoine (cf. http://bchovaux.fr/Noms/62/MAMETZ.pdf – Branche 3). Or, dans le Gros des Notaire de St-Omer, se trouvent les deux contrats suivants :

Cm du 4/12/1582 acte 85

  • DE LE POUVE Guillaume, archier des ordonnances de sa Majesté sous la charge du Comte de Hénin, ass. de Jehan DE LE POUVE, laboureur au Maisnil Dohen et de Pierre DE LE POUVE demt à Upen d’Amont ses fr.
  • Dalle DE MAMEZ Franchoise, veuve de + Anthoine DOLLAIN demt à Cléty, ass. de Dalle Jehenne DE SAINS veuve de + Monsr. Eustache DE MAMEZ en son temps escuier, Sgr de Clety, Nielles, de Eustache DE MAMEZ, escuier Sr ……. son fr. et de Dalle Anne DE LA HAYE sa compaigne.

Cm du 03/08/1598 acte 53

  • DE LE POUVE Guillaume, veuf, ass. de Anthoine DE LE POUVE son fr., Anthoine DUET son b.fr., Jehan BOITEL son b.fr., archier de la Cie d’ordonnance de Monsgr le Comte du Roeulx
  • DE LE POUVE Marie, f. de + Jehan DE LE POUVE fils de Guillaume, ass. de Anthoine DE LE POUVE son fr., Pierre HATUTTE son oncle et advoué et Jehan MAUSENE mary et bail de Péronne DE MARTHES maraine à ladite Marie, Se Anthoine SOUDAN prêtre son cousin germain, Vincent WENDIN son cousin et bon amy

A partir de ces deux contrats, l’on peut déduire que Jehan BOITEL, beau-frère de Guillaume DELEPOUVE, était marié à une DELEPOUVE ou à une MAMETZ. La seconde hypothèse amène à considérer qu’il était marié à une sœur de Franchoise, fille d’Eustache DE MAMETZ, Sr de Cléty (cette seconde hypothèse est difficile à étayer : dans le fonds Noircarmes de la Bibliothèque de St-Omer, je n’ai trouvé aucun élément qui permette de la valider).

Or, si ces deux hypothèses paraissent peu probables, il ne faut pas écarter que Jehan BOITEL , en 1598, soit un veuf qui se remarie à Jenne DE MAMETZ, fille d’Anthoine. Je n’ai, en effet, aucun acte faisant apparaître Jenne DE MAMETZ comme mère de Marie, femme de Wallerand GUILLEMIN, ou de Jean BOITEL. D’autre part, comme Jean, fils de Jean, jeune homme à marier, commit l’homicide en 1615, s’il était né après le mariage de son père et de Jenne DE MAMETZ en 1598, il aurait moins de 17 ans

La recherche sur la filiation de Marie BOITEL continue …

(Une autre recherche : les branches BOITEL de Herbelles et de Heuringhem sont-elles liées ?)

Lettre de rémission de Mahieu LE BLOCQ

Actuellement, je recherche aux Archives Départementales du Nord les lettres de rémission concernant mes ancêtres ou leurs collatéraux, ce qui m’a amené à prendre connaissance de l’une d’entre elles dont j’ai relevé une partie

B1748 – Année 1537 – vue 24

Charles etc…, savoir faisons à tous présents et à venir, nous avons reçu l’humble supplication de Mahieu LE BLOCQ, fils de feu Jehan, pauvre homme de labeur, demeurant au village de Bilcques en notre baillage de St-Omer, contenant comme le dimanche par avant le jour de Noël dernier passé de l’an 1536, environ 8 à 9 heures du soir, lui étant à la porte de sa maison, devisant avec sa femme et Baudin PIERS sans penser à autre chose, entendant au logis de Porrus DE BERSACQUES , son prochain voisin, des compagnons qu’il ne connaissait pas et qui, contrefaisant les gens de guerre, demandèrent de la tarte ou de l’argent, si non ils abattent la porte. Ce qu’entendant, ledit remontrant, sachant que ladite femme dudit Porrus était seule avec sa meschine et que lesdits compagnons criaient ‘France’ ‘France’, sortit sa maison et se dirigea vers lesdits compagnons, muni seulement d’une fourche pour savoir qui ils étaient ; il les aborda et leur demanda qui est le frère, lequel lui répondit (…) disant morbieu en veut ta … (pler) et dégaina son épée de laquelle il porta plusieurs coups que ledit LE BLOCQ détourna du mieux qu’il put et, voyant que ledit compagnon se préparait à l’outrager ; lui avait de sadite fourche donné un coup ou deux . (Le compagnon blessé alors parla) et auxquelles paroles qu’ il entendit, il sut que c’était un nommé Lambert LE BOSQUERE et lui demanda que, s’il était blessé, il vienne avec lui et qu’il lui baillerait un restraintif, ce que ne voulut pas ledit Lambert, qui s’en alla où bon lui sembla (…), de laquelle bleschure … ou autrement

(Lambert LE BOSQUERE décéda trois semaines après et Mahieu Le BLOCQ s’enfuit du bailliage de St-Omer pour éviter la rigueur de la Justice. La rémission lui fut accordée en août 1537, avant de demander la rémission)

Comme cette lettre datait de 1537, après avoir procédé à ce relevé, lesouvrage de Jean-Marc DISSAUX, ‘La guerre de 1537 en Artois’ et ‘La guerre de 1542 en Artois’, publiés par l’association Alpha, dans lequel se trouve la transcription des enquêtes, ordonnées par l’empereur Charles Quint, comte d’Artois, et relatives aux destructions résultant de la guerre avec les Français. Le rapport de 1537 détaille les pertes et dommages subis par les habitants de Bilcques ‘très le commenchement d’icelle par les incursions et pilleries que faisoient journellement audict lieu les gens de guerre franchois tenans garnison en la dicte ville de Thérouanne’ (la ville de Thérouanne était alors une enclave française dans le comté d’Artois). Et, dans celui de 1542, l’un des trois rapporteurs, était Mahieu LEBLOCQ, ‘labourier, eagé de quarante et ung ans’. Ce rapport était suivi de celui de Helfaut (les communes de Helfaut et de Bilques ont fusionné vers 1820). Et, l’un des rapporteurs était Mahieu LEBLOCQ, demeurant à Bilques.

Dans les Comptes d’Anniversaire du chapitre de St-Omer, conservés à la Bibliothèque de Saint, il apparaît deux Mahieu LE BLOCQ, l’un de Bilques, l’autre de Helfaut ; ce denier étant l’un de mes ancêtres. Y avait-il un lien entre les deux Mahieu ? En recherchant dans mes notes, j’avais relevé dans les registres aux werps du chapitre, un certain nombre d’informations sur les LE BLOCQ (voir sur mon site

Le registre 2G2270 (1526-1545)

Mahieu de Bilques était le neveu de Mahieu de Helfaut. Il était en outre marié à Jehanne ALHOY. Porrus de BERSACQUES, son voisin le plus proche, et Baudin PIERS étaient aussi mentionnés dans ces registres.

Les GRIMBERT (suite)

Suite à la publication de mon blog du 5 mars sur les GRIMBERT de Lillers, Des échanges avec un correspondant m’ont amené à amender la note publiée sur mon site

http://bchovaux.fr/Noms/62/GRIMBERT.pdf

J’avais, en effet, omis les articles de Fremine CHEVALIER, veuve de Jehan GRIMBERT, figurant dans le terrier de Lillers et qu’elle avait acquis par achat, à l’exception d’un détenu avec les enfants qu’elle eut de Jehan GRIMBERT. Et, il y avait aussi deux lettres de rémission datant de 1554.

Il faudrait maintenant trouver d’autres éléments pour être certain de la filiation de François GRIMBERT.

Une BULTEL prénommée Hypothèse

L’alerte Geneanet de cette semaine m’a amené à regarder un site qui soi-disant me donnerait un ancêtre supplémentaire. Cet ancêtre était une BULTEL prénommée ‘Hypothèse » et femme de Hugues VIDELAINE, l’un de mes supposés SOSA. En note sur la naissance de Hugues, il y avait une citation de l’une des publications, sans que le nom du rédacteur et la date de publication soient indiquées (il m’arrive parfois de publier une nouvelle version).

En poursuivant mes recherches sur Geneanet, j’ai constaté la présence d’Hypothèse BULTEL sur un autre site Geneanet. Ce serait cette donnée qui venait d’être recopiée sur le site signalé par l’alerte Geneanet.

J’ai alors cherché le pourquoi de l’hypothèse d’une BULTEL, femme de Hugues VIDELAINE en vérifiant mes notes à partir de copies que j’avais faites lors de mes relevés des terriers et cueilloirs d’Ecques. Il était aussi possible qu’un détail m’ait échappé.

Un point important de ma note sur les familles d’Ecques et des environs était la remarque suivante :

Dans le contrat de mariage du 20/07/1602 (n° ), Jan VIDELAINE, fils d’Agnieux, qui épouse Anne WILLERON, est assisté par Sire Jehan BULTEL, curé de St-Martin, son cousin issu de germain. Le lien entre les BULTEL et les VIDELAINE n’a pu être trouvé.

Jan-VIDELAINE et sire Jehan BULTEL avaient donc un arrière grand-parent en commun. Or, Sire Jehan BULTEL descend d’un autre de mes supposés ancêtres, Jehan BULTEL (sosa 57868), père d’un autre Jehan BULTEL, marié à Jehenne CANTERAINE. Soit donc les filiations suivantes

Jehan 1 BULTEL Jehan 2  BULTEL x Jehenne CANTRAINE  Sire Jehan BULTEL

Hugues VIDELAINE Agnieulx BULTEL Jan VIDELAINE

D’où une première hypothèse : Jehan 1 BULTEL et Hugues VIDELAINE sont beaux-frères. Deux cas sont alors à envisager : Hugues VIDELAINE marié à une BULTEL ou Jehan 2 BULTEL marié à une VIDELAINE.

En relisant quelques extraits des terriers, j’ai constaté que Jehan 1 BULTEL avait succédé à Jehan VIDELAINE, demeurant à Thérouanne, sur deux parcelles, qui sont ensuite revenues aux hoirs d’Agnieulx VIDELAINE. Une explication pour cette succession est que Jehan 1 était marié à une fille de Jehan VIDELAINE. Cette hypothèse me paraît plus plausible se celle de Hugues mariée à une BLONDEL.

Si vous avez d’autres éléments sur ces familles, merci de me les transmettre.

Les GRIMBERT de Lillers

J’avais pu établir que Jacques et Jean GRIMBERT, deux de mes ancêtres, enfants de François et de Marie DUPONCHEL, étaient originaires de Lillers. Comme le Gros des Notaires de Lillers a été détruit pendant la Grande Guerre, il est difficile d’établir leur trouver la filiation à partir d’actes notariés. Il y a toutefois un terrier de Lillers de 1595 et les centièmes de 1569 à partir desquels il est possible d’établir quelques hypothèses, d’où une fiche complémentaire que je viens d’établir et- de mettre sur ce site :

http://bchovaux.fr/Noms/62/GRIMBERT.pdf

Les registres des centièmes montrent que les GRIMBERT et Anthoine DUPONCHEL, le père présumé de Marie, étaient de gros fermiers. Ils ne possédaient que quelques terres, mais louaient des terres. Leurs familles étaient donc caractérisées par une certaine mobilité. Ainsi, François est devenu le fermier de la cense de Lespinoy, située à Pihem, à 22 km de Lillers.. Avant qu’il s’établisse à Pihem, il avait résidé à Molinghem, où est né son fils Jacques. Ce dernier avant de reprendre la cense de Pihem, a vécu à Rebecques, Ecques, Mametz… Les informations ne sont pas suffisantes pour établir des filiations. les hypothèses auxquelles j’ai abouti restent à valider.

A noter une difficulté : ces registres établis en 70 on fait l’objet de deux copies successives et GRIMBERT est devenu GOMIBERT…