A Arques, en 1946

A la recherches d’informations sur Arques, j’ai trouvé un compte-rendu d’une réunion de la communauté d’Arques tenue en 1646 :

L’an 1646, le 24 avril, jour de dimanche, à l’issue des vêpres paroissiales de ce comté d’Arques, après convocation faite de la communauté tant par affiche qu’au son de la cloche en la forme et manière accoutumée, nous manants habitant, corps et communauté de la ville et comté d’Arques, assemblés au château d’Arques dudit lieu , en la chambre ordinaire de justice, exposé nous a été premièrement que depuis un certain temps quelques personnes de cette communauté murmurent contre le Sieur LECOMTE, vicaire de ce lieu, par rapport au temps qu’il emploie au service divin, que ces murmures ayant augmenté, il soit fait des parties pour et contre qui jettent l’esprit de division en cette communauté, que pour en prévenir les suites, il convenait consulter cette même communauté, en prendre ses avis et se soumettre de bonne grâce à la pluralité des voix en se dépouillant chacun en particulier de ses idées et préventions, pourquoi il a été proposé s’il convenait de laisser continuer le dit Sr LECOMTE dans ses fonctions actuelles ou de le remercier et, que pour savoir l’intention de la communauté en ce point qu’on en prendrait les voix de chacun par forme de serment,

en second lieu, le grand malheur, dont cette communauté a été affligée l’année dernière par la perte presque universelle des bêtes à cornes, donne lieu de craindre pour cette année avec d’autant plus de raison que l’on apprend que la maladie qui régnait alors fait encore des ravages dans quelques cantons qui ne sont point éloigné de ce lieu, qu’on désirerait trouver un moyen pour empêcher qu’elle ne se communiqua en ce village, que le temps approche pour mettre les bestiaux au marais commun , et pâturant tous ensemble, le danger en est plus prochain, pourquoi on voudrait savoir les précautions qu’on pourrait humainement prendre pour y obvier.

en troisième lieu, on a pris l’état des bestiaux qui sont actuellement dans cette communauté et qui pourraient entres dans le marais commun, que le compte que l’on en a fait, il ne parait point qu’il y en ait plus d’un tiers de ce qu’il y avait les années précédentes, et supposant que quelques particuliers puissent en acheter encore quelques-uns, on a peine à croire que cela puisse aller à la moitié de ce qu’il y avait ci-devant, il y a des charges immenses et extraordinaires sur ce marais, qu’il faut nécessairement faire abattre et camionner les digues qui règnent le long des fossés et qui sont aujourd’hui si hautes qu’il n’est plus possible de curer les fossés, ces digues d’ailleurs une fois abattues et camionnées dans certains endroits du marais se bonifieront considérablement dont la communauté pourrait profiter, pour quoi il a été proposé s’il ne convenait pas de séparer un certain canton de ce marais pour faire faner et vendre les foins par portion sur pied pour cette année seulement, et supposer que la communauté prise ce parti quel canton on pourrait prendre.

 

Sur la première proposition concernant le Sr LECOMTE, vicaire, nous m manants habitant, corps et communauté de la ville et comté d’Arques dûment assemblés avons à la pluralité des voix prises par scrutin de remercier le dit Sr LECOMTE des services qu’il a rendus à la communauté et, à cet effet, nous autorisons les officiers de ce lieu de lui faire dénoncer les présentes résolutions et de le sommer de vider … de la maison qu’il occupe.

Au second objet, la communauté ne sachant aucun moyen d’empêcher que la maladie des bestiaux ne se communique a résolu de s’en référer à la providence et d’user du marais ainsi que l’on a fait ci-devant , sauf à ceux qui auront plus de crainte à retenir chez eux leurs bestiaux.

Au troisième a été résolu de laisser au marais toute l’étendue qu’il a, sans en rien retrancher pour faucher et faire faner, sauf à pourvoir d’ailleurs pour trouver de l’argent pour subvenir à la la dépense nécessaire pour abattre et camionner les digues.

 

Ainsi fait et résolu les jours et an que dessus

Signatures ou marques de

Nicolas François WALLART; Antoine MOUILLER; Jean Baptiste MOUILLER; Jacques LELEU; Jean Bernard HEBAN; Antoine BEAURAIN; Gilles HEBAN; Pierre François CANLERS; Jacques WALLART; Pierre LELEU; Nicolas CRUGEO; Jean François GILLIOT; Marcq LONQUETY; Nicolas BLONDEL; Hector ALLOY; Pierre MONTAINE; Nicolas COUSIN; Jacques LEMOINE; Pierre François FLANDRIN; Antoine BAGE; Philippe REVILLION; Guilain DUBREUCQ; Jean François LASSEUR; Pierre ANSEL; Hubert François LERAND; Jean François BOUVEUR; Jacques Antoine BEUGIN; Jean Charles MARTIN; Joseph MARTIN; Thomas Alexis BRAY; Pierre FOURNIER; Antoine LURETTE; Thomas CORDONNIER; Pierre BELANGER;.

 

Ainsi fait et résolu devant les gens de loi dudit Arques à l’intervention du procureur fiscal les jour et an susdits

Signatures de Laurent LONGUENESSE; … ; Nicolas BEUGIN; Antoine ….; Jacques BERNARD; DUCHATEAU.

 

(Archives Départementales du Pas-de-Calais – 74 J212/1)

 

Le vicaire n’était peut-être pas suffisamment zélé pour obtenir par la providence la protection des bestiaux…

 

Sur l’épizootie de 1745, voir sur Internet

https://www.cairn.info/revue-du-nord-2008-2-page-349.htm

http://www.persee.fr/doc/pharm_0035-2349_1990_num_78_286_3419

La recherche des parents de Thomas DEVYNCK (suite)

Dans les archives du Chapitre de St-Omer (série 2G – Bibliothèque de St-Omer), je viens de trouver un élément nouveau, à savoir que Thomas, Anthoine et Valentin DEVYNCK avaient tous les trois réunis loué des terres à Lederzeele. En principe, si un père et un fils louent ensemble une terre l’acte le précise. Ce n’est pas le cas. L’hypothèse qu’ils étaient trois frères semble donc celle qu’il faut retenir. D’où une nouvelle mise à jour de ma note sur les DEVYNCK :

http://bchovaux.fr/Noms/DEVYNCK-Thomas.pdf

Le lien entre leur présumé père, Valentin et Mahieu ou Thomas DEVYNCK qui apparaissent aussi dans les BMS de Noordpeene ne peut toutefois être établi.

La recherche des parents de Thomas DEVYNCK

Après avoir travaillé sur la descendance de Thomas DEVYNCK et de Catherine OUTERLEYS, j’ai commencé une nouvelle recherche sur les parents de Thomas en effectuant d’abord un recensement des branches DEVYNCK de Lederzeele et des alentours que je n’avais pu rattacher à la lignée de Thomas. Un point m’intriguait le nombre de Valentin qui apparaissaient. Et, parmi les enfants de Thomas, l’un avait pour parrain Valentin.

La lecture des BMS de Lederzeele m’a fait découvrir une liste de communiants établis en 1654 dans laquelle des DEVYNCK apparaissaient dont un Valentin et un Thomas. Et, un acte trouvé dans les archives du chapitre de St-Omer, relatif à un Valentin, batelier, demeurant à Bonneghem, m’a amené à m’intéresser à Noordpeene, dont les registres BMS contiennent aussi des listes de communiants.

Les éléments que j’ai réunis ne sont pas suffisants pour établir la filiation de Thomas. Vous les trouverez dans la mise à jour dans le document présenté dans le précédent article de ce blog

http://bchovaux.fr/Noms/DEVYNCK-Thomas.pdf

(Si vous disposez d’autres éléments, je suis évidemment curieux de les connaître.)

La descendance de Thomas DEVYNCK

 

Le travail sur Angélique (ou Angéla) DELEU m’avait amené à travailler à nouveau sur les DEVYNCK et à faire pour la première fois de la généalogie descendante à partir du DEVYNCK le plus ancien auquel j’ai pu me rattacher, Thomas, mari de Catherine OUTERLEYS. Je me suis toutefois limité aux porteurs du nom DEVYNCK. A ce jour, j’en ai recensé près de 700. En supposant que les descendantes soient aussi prolifiques que les hommes et en se basant sur une progression géométrique, un calcul rapide donne un nombre supérieur à 10000.

Je n’ai identifié aucun DEVYNCK célèbre. Quelques-uns sont morts pour la France lors de la guerre de 1914-18. Au 18ème siècle, les DEVYNCK vivaient dans un secteur bien délimité entre Cassel et Saint-Omer, le barycentre, en fonction de la densité, étant Lederzeele. C’étaient des paysans, laboureurs ou maraichers, qui vivaient aussi d’autre métiers (bateliers, charpentiers,…). Lorsque Michel DEVYNCK achète avec ses frères un bien national saisi sous la Révolution à l’abbaye de Clairmarais, il se dit maitre charpentier alors que sur l’acte de mariage avec Angela, il est indiqué marchand de helles (bière ?) et sur son acte de décès cultivateur.

Au cours du 19ème siècle, même si une grande partie reste à Lederzeele ou ses environs immédiats, des DEVYNCK s’en vont. Une branche s’implante dans l’Oise. Il y a aussi des DEVYNCK qui vont s’installer en Algérie.

Une première synthèse de mes recherches est consultable sur mon site :

http://bchovaux.fr/Noms/DEVYNCK-Thomas.pdf

Après quelques années de recherche…

Depuis quelques années, j’étais à la recherche de l’acte de décès d’une de mes ancêtres, Angélique DELEU, née en 1772 à Noordpeene, et qui, quelques mois, après la mort de sa sœur Dominique, épousa Michel DEVYNCK, le mari de cette dernière et donc son beau-frère. Après le décès de ce dernier, elle se remaria avec Bonaventure LAPORTE, un cultivateur, qui décéda à Noordpeene en 1851.

En 1855, elle est présente au mariage de son petit-fils Henri CADART. Sur l’acte de mariage, il était indiqué qu’elle était domiciliée à Hardifort, une commune qui, comme Noordpeene, appartient au canton de Cassel. Le frère de Henri, François, se maria un an et demi après ; mais, sur l’acte, il était seulement indiqué que les aïeux sont décédés à des dates non connues. Une recherche sur les tables décennales des communes proches de Noordpeene ne donna rien. A l’exception de deux de ses filles, je connaissais les communes où avaient vécu ses enfants. Les recherches dans ces commune sont restées vaines. J’avais l’intention de me rendre aux Archives Départementales du Nord pour consulter la série 3Q, relatif à l’enregistrement des successions. En fait, je n’avais pas besoin d’y aller : des registres de cette série sont numérisées et consultables sur le site Internet des Archives Départementales du Nord. Le registre que je consultais fut celui de Cassel. Et, à la vue n° 62, il y avait une ligne Angela DELEU, avec comme indications

  • Née à Noordpeene, décédée à Castre (Caëstre, canton de Hazebrouck)
  • Décédée le 14 juillet 1860 à l’âge de 78 ans (en fait, elle avait 88 ans)
  • Epouse en 1ères noces de Michel DEVYNCK et de Bonaventure LAPORTE

L’acte de décès figurait bien sur les registres d’Etat-civil de Caëstre.

L’an 1860, le 15 du mois de juillet (…) sont comparus Louis VANDAELE, âgé de 44 ans, douanier stationné à Caëstre, gendre de la défunte, et Edouard DEVYNCK, âgé de 22 ans, ouvrier brasseur, petit-fils de la défunte, domicilié à Arnèke, lesquels ont déclaré que Angela DELEU, âgée de 78 ans ( !), ménagère, née à Noordpeene, domiciliée à Caëstre, est décédée en cette commune hier à une heure du matin dans la maison occupée par le premier comparant, sise en cette commune, ainsi que nous nous en sommes assuré, fille de feu Jean DELEU et de feu Marie Catherine AENOUTS, veuve de Michel DEVYNCK en premières noces et Bonaventure LAPORTE en secondes noces (…)

(Louis VANDAELE est le mari d’Angélique Benoîte DEVYNCK, l’une des deux filles dont j’ignorais le lieu de décès).

D’après mes recherches, Angélique avait eu 9 enfants, plus les 5 de sa sœur qu’elle avait élevés, d’où un grand nombre de descendants.