Saint-Omer 1810 – le passage de l’empereur

Hier, en continuant la lecture des registres de la correspondance municipale, j’ai découvert quelques lettres relatives au passage de l’empereur et de son épouse à St-Omer. Ci-dessous le relevé de trois de ces lettres.

Lettre du 8 mai 1810 (n° 4039)

Vous êtes averties par la Commission du Corps Municipal qu’il est probable que leurs majestés passeront en cette ville du Jeudi au Vendredi au plus tard; en conséquence, vous êtes invitées de vous mettre en mesure pour être prêtes à vous réunir au Cortège des Demoiselles qui se rassemblera à l’heure qui vous sera indiquée postérieurement, chez Monsieur POILLON-DEHANON.

Costume exigé

Robe de taffetas blanc, revêtu d’une robe de crêpe blanc, bordée d’un ruban large de satin blanc uni, non froncée. Souliers et bas de soie blancs, coiffure simple en cheveux. Ceinture de ruban de satin blanc liée sur le devant, et un choux sur le derrière de la robe, avec une guimpe en tulle uni, avec garniture légère dentelé.

aux Demoiselles

DEBLAIRVILLE

JACQUEMONT
LAMOUSSAYE DEMARQUOI
GHYS PELET Eléonore
DECROOS cadette VANEECHOUT
BOUBERT nièce de Mme HELLEMANS
DELALEAU aînée BLANCHART
HERBOUT DELATTRE EUDES
HARACHE Angélique DESLYONS
CARON-BOUDRY Sophie VASSEUR-DELAMER
HEMART … SOHIER
CAUCHE-DECHOSAL WATTRINGUE
LEFEBVRE Flore ENLART
THOMAS DUBOIS
MASSE-CAFFIERI

LEROY de GOUVET

(Il s’agit de filles de notables de St-Omer, dont certaines ont pour père des membres du conseil municipal.)

Lettre du 25 Mai 1810 au sous-préfet (n° 4096)

Le Corps municipal a été fortement … (despacté ?) par le Corps des Pompiers de cette Ville le jour du passage de L.L. M.M. dans nos murs, il avait commencé par un acte d’insubordination en ne se rendant pas auprès de lui ainsi que le prescrivait le programme.

A l’arrivée devant le même corps du premier peloton de cette Garde, l’officier a eu la malhonnêteté de refuser le salut de l’Epée aux Magistrats de la Cité. Je fis alors appeler le Chef pour m’en plaindre et ne devoir m’attendre à un … (despect ?) nouveau.

Cependant un autre peloton arriva bientôt avec le drapeau ; le Corps municipal était encore réuni près l’arc de triomphe et n’eut pas encore de salut, ni d’Epée, ni de Drapeau. Tous ces détails ont été suivis de beaucoup d’autres qui ne laissent pas douter que de mauvaises têtes avoient travaillés les Pompiers ce jour-là. Je pense, M. le sous-Préfet qu’une pareille conduite ne peut demeurer impunie ; n’estimez pas qu’en soit le cas de réunir le Conseil Municipal à ce qu’il vous expose lui-même ses griefs et vous demande la punition des principaux coupables.

(La lecture de deux mots n’est pas évidente. Aucune définition n’a été trouvée dans les dictionnaires consultés. Il pourrait s’agir d’un mot ayant la même racine que respect, mais un sens opposé.)

Lettre du 30 mai 1810 à Mr ROY-MORNINCQ

J’ai reçu votre lettre du 29 courant par laquelle vous donnez votre démission du Chef des Pompiers. Je regrette de ne pouvoir l’accepter, attendu que le Corps municipal a prononcé votre révocation dans sa séance du 28 de ce mois.

(Le hasard m’a permis de découvrir le même jour un ouvrage déposé à la bibliothèque de Saint-Omer, ‘Histoire des Sapeurs-pompiers et de lutte contre les incendies à St-Omer des origines de la cité à nos jours…’ ; dans ce livre, l’incident n’est pas évoqué et, au lieu de révocation, il est simplement indiqué que le Chef des Pompiers avait démissionné suite à sa nomination comme économe de l’Hôpital Général.)

Sur ce voyage de Napoléon, j’ai trouvé sur le Net la page suivante

http://home.nordnet.fr/~rgombert/Meteren/III-15%20Napoleon.htm