Saint-Omer 1808 & 1809

Aujourd’hui, en poursuivant la lecture de la correspondance municipale, j’ai trouvé plusieurs textes intéressants. Ci-dessous la transcription de deux d’entre eux :

2627 – 19 octobre 1808

Lettre du maire de St-Omer au sous-préfet

Depuis plusieurs jours, erre sans azile, dans les rues et sur les places de la Ville, une malheureuse veuve d’un brave soldat décédé au Champ d’honneur à la Bataille d’Eilau et chargée de trois enfants. J’avois d’abord pensé de placer les deux plus âgés à l’hôpital général de cette ville destiné à recevoir les enfants sans secours du côté de leurs parents. Cependant, malgré mes invitations et instances réitérées, Messieurs les administrateurs se refusent obstinément à les y faire admettre sous prétexte de certaines formes violées. En conséquence, j’ai pris parti de les faire conduire par un sergent au dit hôpital avec injonction à l’Econome de les recevoir et de les y placer provisoirement jusqu’à ce que les autorités supérieures aient prononcé.

Dans le fond, Monsieur, il seroit honteux que les fils d’un citoyen qui a scellé de son sang la Victoire mémorable remportée par l’Empereur se trouvassent sans ressource et sans appui, au milieu d’un Empire illustre, agrandi et glorieux sous la domination d’un tel maître, et au sein de leur propre patrie, puisque leur mère est native de Saint-Omer. Tels sont les motifs qui m’ont fait prendre cette mesure, violente peut-être, mais nécessaire dans cette circonstance, et je vous prie de vouloir bien approuver ma conduite et de prendre en considération le sort de ces malheureux enfants, si dignes sous ce rapport de toute votre considération.

(Un second article, le n° 2639 donne le nom du soldat, le Sr BRAILLY

3114 – 3 mai 1809

Proclamation

Le maire par intérim de cette ville informe qu’une coalition d’ouvriers existe dans cette ville, qu’elle tend à forcer les maitres à une augmentation des salaires sans qu’il existe aucun motif raisonnable qui justifie cette revendication, prévient les ouvriers qu’ils ayent à rejoindre sur le champ leurs ateliers et qu’ils doivent continuer leurs travaux aux heures fixées par les anciennes ordonnances.

Les auteurs et instigateurs de cette coalition coupable qui ne rentreront pas dans leurs devoirs seront poursuivis avec vigueur, conformément aux lois.

Il est enjoint aux maîtres et chefs d’ateliers de remettre dans les 24 heures au greffe municipal la liste nominative de ceux de leurs ouvriers qui ne seront pas rendus à leurs travaux, afin de les livrer à toute la rigueur des lois.