Ecoles de St-Omer – un enseignant chassé, puis exécuté.

Toujours, dans le cadre de mes recherches sur les écoles de St-Omer, j ai trouvé le texte suivant concernant l’école d’une des paroisses de Saint-Omer, Saint-Martin-en-l’Isle.:

En la paroche de Sainct Martin en l’Isle, ne se sont trouvées aucunnes escolles depuis que ung nommé maistre Jehan Valois, natif de Rexpoude en Flandres, ha esté banny monseigneur le Reverendissime de son diocèse de Sainct Omer, avec commanement et inhibition de ne plus tenir escolle, et pareillement banny hors de la cité et ville de Sainct Omer par messeigneurs les maieur et eschevins de ladicte ville, pour être suspecté d’heresie et secte de Calvin ; et depuis, pour ce qu’il a tenu escolle en la chastelenie de Bourbourgh, diocèse dudict Saint Omer, mondict seigneur l’a faict apprehender par la loy du dit Bourbourgh et par apres comme hereticque et sectateur de Calvin exécuté par dernier supplice.

 

(Extrait des Procès-verbaux des visites faites par l’évêque de Saint-Omer ou ses délégués en 1568-1569 à la demande du duc d’Albe – Transcription de Charles HIRSCHAUER – Textes intéressant l’histoire de l’enseignement à Saint-Omer, Aire et Hesdin, 1569-1570 – Bibliothèque des AD 62)

 

Ecoles de St-Omer

La semaine prochaine, c’est la rentrée scolaire. Ci-dessous un extrait d’un rapport que je viens de relever dans le cadre de mes recherches sur les écoles de ST-Omer

Lundi dernier, 21 courant, à la classe du matin, le frère qui tient la 3ème classe, celle des commençants, a fait venir près de lui un élève nommé Oscar VERHEE, pour lui donner, a-t-il dit, une correction, c’est-à-dire, pour le frapper un certain nombre de fois dans la main avec une baguette. On m’a dit qu’il employait très souvent ce mode de correction. L’enfant, après avoir subi sa punition s’est retiré en appelant le frère vieille cornaille (vieille corneille). Celui-ci que ce mot avait sans doute rendu furieux, s’est élancé sur cet enfant âgé de 8 ans, et l’a frappé si vigoureusement à la tête avec la baguette et avec les mains que la tête du pauvre enfant est restée couverte de contusions. Je l’ai vu ce matin, et bien qu’il y ait déjà trois jours d’écoulés, il a encore le dessous des yeux, les oreilles et les deux côtés de la tête vers les tempes couvertes de grandes tâches noires. Il semblait aussi souffrir de meurtrissures dans la partie couverte par les cheveux.

(Extrait d’un rapport de l’inspecteur primaire de St-Omer en date du 24 mai 1872 – AD62)

A l’époque, les punitions corporelles étaient déjà strictement interdites.

Autre élément découvert cette semaine.

Dans le cadre de ces recherches, j’ai voulu disposer d’une statistique de la population de St-Omer au début du 19ème siècle et, pour ce faire, procéder à un relevé d’un des recensements disponibles sur le site des Archives Départementales du Pas-de-Calais. L’année choisie pour ce travail fut 1831. Si pour le canton Nord, j’ai procédé à un relevé complet, pour le canton Sud, je me suis limité à l’âge, la profession et le sexe, ainsi que le rang dans le registre, comme je l’avais aussi fait pour le canton Nord, ce qui me permettait de vérifier que je ne sautais pas une ligne. Il y avait quelques erreurs dans les registres, des numéros de rang en double ou manquants ; mais ce qui m’a surpris, c’est de constater que l’on passait dans le canton nord du n° 7547à 7748, et dans le canton sud du n° 5354 à 5455. Aucune page ne manquait. A la bibliothèque de St-Omer, un double de registres de recensement est conservé. En voulant vérifier, j’ai constaté que seules quelques années étaient en fait conservées, dont 1829. Une comparaison entre le registre consultable à Arras et celui qui se trouve aux Archives Départementales, aucune différence n’apparaît, exception faite de la mise en page. Ce qui m’a par contre frappé, c’était la variation du nombre d’habitants, celui de 1831 étant nettement inférieur à celui de 1829 ; mais, les règles du recensement n’étaient plus les mêmes : les personnes de passage à St-Omer n’étaient plus comptabilisées…

Une question que je me pose : ces erreurs sont-elles involontaires ou avaient-elle pour objet une manipulation des statistiques, à savoir, montrer que le nombre d’habitants était supérieur au seuil des 19000…

 

St-Omer : la disparition de registres BMS

Trouvé à l’instant dans les registres de délibération du conseil municipal de St-Omer le texte suivant (consultables sur le site en ligne de la Bibliothèque de Saint-Omer)

Un membre du bureau des actes publics fait part à l’administration qu’il se trouve égaré des registres aux actes de naissance, mariage et décès de la ci-devant paroisse de Ste-Aldegonde, lesquels sont pour les années 1720 compris 1726, et d’autres actes de naissance à compter de 1605 jusques et compris 1652 contenus dans un seul registre de la paroisse de Ste-Marguerite.

Cette disparition de registres, vient sans doute, ajoute-t-il de ce qu’ils ont été confondus et emballés par inattention avec les autres papiers envoyés par les membres du ci-devant district.

L’administration considérant qu’il est important de ne négliger aucun des moyens qui pourraient procurer le recouvrement des registres ci-dessus désignés.

(Séance du 12 germinal an V)

Ecoles, gratuité et ségrégation sociale

J’ai commencé, il y a quelques mois, une recherche sur les écoles laïques de St-Omer. Jusqu’à cette semaine, je n’avais pas trouvé grande information sur le sujet ; mais, mardi dernier, à la Bibliothèque de St-Omer, j’ai découvert une liasse sur les écoles de St-Omer au 19ème. Ci-dessous le lien au premier relevé que je viens de faire, un document de 1833 sur la gratuité de l’école

http://www.bchovaux.fr/Divers/Ecoles-gratuites.pdf

Il est intéressant de voir un comité défendre la gratuité de l’école et se prononcer contre une mesure qui entraînerait une ségrégation sociale. Il importe toutefois de rechercher ce qui a amené les 4 instituteurs à écrire cette lettre. Un élément de réponse est peut-être dans la distinction entre les catégories d’écoles mentionnées dans le document, à savoir les écoles gratuites, l’école mutuelle et les écoles particulières.

Il me faut maintenant trouver des informations sur les 4 instituteurs qui ont rédigés cette ‘pétition’. A noter que dans les documents que j’ai déjà lus, il y a déjà 3 COCQUEMPOT instituteurs à St-Omer.

Les PEPPIN (suite) – Les erreurs

Comprendre une erreur présente toujours un intérêt (l’épistémologie m’a toujours passionné). Dans le cas des PEPPIN, je souviens de la démarche qui m’avait amené à considérer que je descendais de Gilles PEPPIN, fils de Louis et de Nicolle DE POIX et mari de Claire LAMBRECHT. J’avais établi que Jehenne PEPPIN, mariée à Mathieu BERTOUL, était fille de feu Louis et Jehenne DOLHAIN en trouvant un contrat de mariage dans les Insinuations du Boulonnais. J’ai alors consulté la liasse PEPPIN dans le fonds NOIRCARMES, conservé à la Bibliothèque de St-Omer (VIOLETTE DE NOIRCARMES était un généalogiste du début du 20ème siècle). Le couple BERTOUL x PEPPIN n’apparaissait pas ; mais apparaissait Louis, Sr de Bardoul, fils de Gilles. J’avais alors repris son ascendance dans ma généalogie. Dans les relevés des contrats de mariage du Gros de St-Omer par Philippe DERIEUX, période 1550-1600, ce Gilles apparaissait comme bailli de l’abbaye de Clairmarais. Comme, dans Noircarmes, il n’y avait rien au-dessus du père de Gilles, j’ai considéré qu’il n’était pas évident de remonter et n’ai pas poursuivi mes recherches. J’avais noté les deux titres : Louis, Sr de Bardoul, et Louis, Sr de Foursarmes ; mais je n’avais pas prêté grande attention.

Après mes dernières recherches sur l’ascendance de Gilles, j’ai voulu établir une fiche sur les BERTOUL et les PEPPIN, ce qui m’a amené à m’apercevoir que je ne disposais pas d’actes sur la filiation de Louis, Sr de Foursames. Et la reconstitution de la descendance de Gilles montrait qu’il était père de Louis, Sr de Bardoul, et de Nicolle DE POIX, ce dernier étant père d’un Gilles, Sr de Bardoul… Les fiefs « Bardoul » et « Foursarmes » figurent dans les statistiques féodales de Justin de PAS. J’avais consulté les deux premiers tomes des statistiques ; mais, je n’avais pas lu les articles « Foursarmes » des deux derniers tomes. Il y avait deux branches distinctes. En 1586 ‘Cm du 11/10/1586 – acte 23), il y eut une alliance entre les deux familles : Philippe PEPPIN, Sr de Picquendalle, le beau-frère de Jehenne, a épousé Claire DE POIX, fille d’Anthoinette PEPPIN, et cousine de Gilles PEPPIN, Sr de Bardoul.

Ce faisant, je me suis aussi aperçu d’une erreur dans les notes de NOIRCARMES, à savoir une confusion entre deux Louis, le père de Gilles, mari de Claire LAMBRECHT, et le fils de ce Gilles, l’épouse de ce second Louis, Nicolle DE POIX, étant associée à son grand-père (voir photo dans le précédent article).

Les informations recueillies sur la branche Bardoul ne sont pas inutiles. Elles font apparaître que Robert PEPPIN, dont est issue la branche, est originaire de Bourecq, près de Lillers, et que sa femme avait des biens à Tatinclau (Nédonchel). Il faudrait voir si elle est liée aux autre PEPIN de St-Omer et à la branche Foursames.

Une erreur permet-elle de progresser dans une recherche ?

Il faut d’abord pouvoir la détecter, ce qui implique de poursuivre la recherche de nouvelles informations et de les confronter à celles déjà trouvées. Il ne me semble pas que ceux qui ne font que recopier des branches des généalogies publiées, sans procéder à la moindre vérification, soient en mesure de mettre en évidence une erreur. Pour certains, c’est un moyen de croire qu’ils descendent de Charlemagne (ou de Pépin le Bref), alors qu’il est beaucoup plus probable qu’ils descendent de serfs et de quelques nobliaux. Résultat : iI est maintenant difficile de trouver une donnée fiable dans les bases généalogiques d’Internet. Le dernier exemple trouvé est ‘Noémie’ MARISSAL, épouse de Pierre PIGACHE, qui apparaît sur des dizaines de sites Internet et que j’ai découverte, après, avoir trouvé, dans un cueilloir des archives de la Bibliothèque de Saint-Omer, une mention sur le grand-père paternel de Simonne PIGACHE, épouse de jean GUILLEMIN. Les PIGACHE font partie des familles étudiées par Henri LORGE et Pierre DAUDRUY. Une hypothèse avancée par les auteurs des ‘Familles Anciennes de l’Audomarois’ est que Pierre PIFGCHE serait le père de 3 frères dont la généalogie est détaillée dans l’ouvrage. Comme les auteurs, je n’ai pas trouvé d’éléments permettant d’être certain de la filiation. Il y a quelques actes notariés les mentionnant avec Pierre, mais le lien de parenté n’est pas indiqué. Et, les PIGACHE étaient nombreux dans le secteur. Concernant ‘Noémie’, un contrat de mariage du Gros de St-Omer, relevé par Philippe DERIEUX, en date du 17/09/1566 (n°8), un Pierre PIGACHE apparaît comme beau-frère de Simon MARISSAL, d’où l’hypothèse qu’il était mariée à une MARISSAL que certains ont noté ‘N’ (*). Dans une rente d 1567 (n°37), aussi relevée par Philippe DERIEUX, figure le couple Pierre PIGACHE x Nicolle MARISSAL. Nicolle est, à l’époque, un prénom courant dans l’Audomarois, alors que je n’ai jamais vu de Noémie.

 

* J’avais aussi un ancêtre dont je ne connaissais pas le prénom et pour lequel j’avais mis comme dans certains actes ‘N’, et je l’ai recopié dans une base Geneanet avec comme prénom Nicolas. Le propriétaire de la base, avec lequel j’ai correspondu, avait recopié mes données et transformé le ‘N’ en Nicolas.

Les PEPPIN (Suite)

Après avoir mis en ligne le précédent article, j’ai fait une dernière vérification et ai consulté le volume 3 des Statistiques Féodales de Justin DE PAS, ce qui m’amène à remettre en question l’hypothèse que je venais de formuler, à savoir Loys, Sr de Foursames, neveu de Gilles. En effet, J. DE PAS fait référence à un acte de 1539 mentionnant un Louis PEPIN, Sr de Foursamez …

Les PEPPIN (suite)

Dans mon précédent article, j’écrivais ‘ Gilles PEPPIN est l’arrière grand-père de mon ancêtre Philippe BERTOUL’.

C’était faux.

Je viens de découvrir mon erreur en voulant rédiger une fiche regroupant les données dont je disposais sur les BERTOUL et les PEPPIN. Je me suis aperçu que j’avais fait une confusion entre deux Louis, l’un, sieur de Bardoul, l’autre, Sr de Foursarmes. Le premier était fils de Gilles. Quant au second, je ne dispose pas d’élément prouvant la filiation ; mais, il me semble, compte-tenu des liens entre les familles, qu’il en soit le neveu. Il me reste à le prouver.

 

J’ai aussi constaté une autre erreur, à savoir, Gilles, mari de Claire LAMBRECHT, fils de Nicolle DE POIX, alors qu’en fait, celle-ci était la femme de son petit-fils, qui se prénommait aussi Gilles. Et, là, j’ai recopié une erreur figurant sur les fiches de Fernand VIOLETTE DE NOIRCARMES et qui proviendrait d’un autre généalogiste, BOUCLET DE PREVILLE.

 

Ci-dessous le lien à la fiche que je viens d’établir

http://bchovaux.fr/Noms/62-PEPPIN.pdf